Artemis II a atterri dans le Pacifique le 11 avril 2026. La question est maintenant : et après ? Les prochaines missions du programme Artemis ont connu un changement majeur en février 2026. Le plan initial a été revu. L'alunissage prévu pour Artemis III a glissé vers Artemis IV. Voici ce que l'on sait sur les missions Artemis III, IV et V telles qu'elles sont prévues aujourd'hui.
Ce qui a changé en février 2026
Avant février 2026, Artemis III devait être le premier alunissage habité depuis Apollo 17. Or, la NASA a revu l'architecture du programme. En effet, des questions techniques sur le bouclier thermique d'Orion et des retards sur les atterrisseurs commerciaux ont conduit à une révision complète. Par conséquent, Artemis III devient une mission de démonstration en orbite terrestre. L'alunissage est reporté à Artemis IV.
En outre, le projet Gateway, la station lunaire internationale, a été officiellement abandonné. Ainsi, le programme Artemis se recentre sur des missions de surface directes, plus simples et moins coûteuses.
Artemis III, IV, V : le Nouveau Plan Mission par Mission
Artemis III ne posera pas d'astronautes sur la Lune. En effet, son rôle est désormais de tester en orbite terrestre basse les opérations d'amarrage entre le vaisseau Orion et les deux atterrisseurs lunaires commerciaux. En outre, c'est la première fois que ces véhicules seront testés avec un équipage à bord. Par conséquent, Artemis III est une étape clé avant tout alunissage.
Les deux atterrisseurs concernés sont le Starship HLS de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin. Ainsi, la NASA dispose de deux solutions distinctes. En définitive, si l'un des deux rencontre un problème, l'autre peut prendre le relais pour Artemis IV.
Artemis IV est désormais la mission qui posera les premiers humains sur la Lune depuis Apollo 17 en 1972. En effet, après la démonstration d'Artemis III, l'équipage pourra descendre à la surface au pôle Sud lunaire. Or, cette zone est particulièrement intéressante. En effet, elle abrite potentiellement de la glace d'eau dans les cratères en permanente ombre.
En outre, Artemis IV utilisera le SLS Block 1B, une version plus puissante du lanceur. Ainsi, la capacité de charge utile sera supérieure à celle des premières missions. Par conséquent, l'équipage pourra emporter davantage d'équipements scientifiques et de matériel de surface.
Artemis V représente la quatrième mission habitée du programme. En outre, c'est le deuxième alunissage. Mais surtout, elle marque le début d'une logique différente. En effet, l'objectif n'est plus simplement de poser des astronautes et de repartir. Il s'agit de commencer à construire des infrastructures de surface. En définitive, Artemis V pose les bases de ce que la NASA appelle la "Base Camp" lunaire.
Ainsi, à terme, une présence humaine régulière et durable sur la Lune devient l'objectif. Par ailleurs, ces missions lunaires sont conçues comme un entraînement. En définitive, les technologies testées sur la Lune serviront directement aux futures missions vers Mars dans les années 2030.
Ce que le Nouveau Plan Implique pour l'Europe et le Canada
Des partenaires qui s'adaptent
L'abandon de Gateway complique la situation des agences partenaires. En effet, l'ESA devait fournir plusieurs modules à la station lunaire. Par conséquent, son rôle dans le programme Artemis doit être redéfini. Or, l'ESA pèse de tout son poids pour obtenir des places à bord des futures missions de surface. En définitive, la performance du module de service européen sur Artemis I et II renforce son dossier.
Par ailleurs, le Canada avait prévu de fournir le bras robotique Canadarm3 à Gateway. Ainsi, cet abandon remet en cause la contribution canadienne. En outre, des places pour des astronautes canadiens à bord de futures missions étaient conditionnées à cette contribution. Par conséquent, l'Agence spatiale canadienne négocie actuellement un nouveau cadre de participation.
Pourquoi le pôle Sud lunaire ?
Les cratères du pôle Sud de la Lune n'ont jamais vu le Soleil. En effet, leur profondeur les maintient dans une obscurité permanente depuis des milliards d'années. Or, des observations ont détecté de la glace d'eau dans ces zones. En définitive, cette eau est une ressource clé : elle peut être utilisée pour produire de l'eau potable, de l'oxygène respirable et du carburant pour les fusées. C'est pourquoi toutes les missions Artemis ciblent cette région.
Un Calendrier Ambitieux sous Pression
La question que tout le monde se pose est celle du calendrier. En effet, Artemis I a eu deux ans de retard sur le planning initial. Or, Artemis II a finalement décollé en avril 2026, seulement 18 mois après Artemis I. Ainsi, la cadence s'accélère. Par conséquent, les délais annoncés pour Artemis III (2027) et IV (2028) sont techniquement tenables.
Cependant, plusieurs inconnues subsistent. En effet, les atterrisseurs Starship HLS et Blue Moon n'ont pas encore été testés en conditions réelles. En outre, les coûts du programme restent très élevés. Par ailleurs, le contexte politique américain peut toujours faire évoluer les priorités budgétaires. En définitive, 2028 pour un premier alunissage reste une fenêtre ambitieuse, mais désormais crédible.
La Lune comme tremplin vers Mars
La NASA le répète : Artemis n'est pas une fin en soi. En effet, chaque mission lunaire teste des technologies et des procédures qui seront nécessaires pour Mars. Ainsi, la production de carburant sur la Lune, la gestion des radiations en espace profond et les systèmes de survie en surface sont autant d'étapes indispensables. En définitive, si tout se passe comme prévu, des missions habitées vers Mars pourraient être envisagées dans les années 2030.
Sources
- NASA – Moon to Mars : vue d'ensemble du programme Artemis
- NASA – Artemis III (nouveau plan, orbite terrestre)
- Wikipedia – Artemis IV
- Wikipedia – Artemis V
- Royal Museums Greenwich – Artemis : tout ce qu'il faut savoir
- CNES – Artemis II : un nouveau départ vers la Lune
- Agence spatiale canadienne – La campagne Artemis


