le booster 39 après la séparation

Starship V3 vol 12 réussi : bilan du premier vol de la nouvelle génération

Starship V3 vol 12 réussi le 22 mai 2026. Premier vol de la nouvelle génération, test suborbital 65 minutes, déploiement de satellites et récupération booster.
24 mai 2026
Starship V3 vol 12 réussi : bilan du premier vol de la nouvelle génération

Le Starship V3 vol 12 a décollé le 22 mai 2026 à 22h30 UTC depuis Starbase au Texas. Après un report de dernière minute la veille pour un souci technique sur la tour, la nouvelle génération du lanceur SpaceX a réussi son premier test suborbital. Soixante-cinq minutes de vol, déploiement de satellites, rentrée atmosphérique, récupération du booster. Un succès, avec quelques bémols.

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Le Starship V3 au décollage depuis Starbase, Texas, le 22 mai 2026. Premier vol du modèle V3, 12e essai global du programme. © SpaceX

Starship V3 Vol 12 : Déroulé de la Mission

Fiche de la mission

Lanceur
Starship V3 (Super Heavy + Starship) — 12e vol d'essai global
Décollage
22 mai 2026 à 22h30 UTC depuis Starbase, Texas
Profil de vol
Suborbital — environ 65 minutes de vol
Charges utiles
20 simulateurs Starlink + 2 microsatellites déployés en vol
Booster
Récupéré par la tour Mechazilla à Starbase
Vaisseau
Rentrée atmosphérique et amerrissage réussis
Report J-1
21 mai : arrêt du compte à rebours pour souci technique sur la tour

Le report du 21 mai : un souci de tour, pas de fusée

La première tentative de lancement du 21 mai a été interrompue dans les dernières minutes du compte à rebours. Le problème venait du système de retenue de la tour de lancement, pas de la fusée elle-même. SpaceX a confirmé que la fusée et sa charge utile étaient saines. Le lendemain, après vérifications et corrections, le vol a pu avoir lieu sans encombre.

Ce type de report de dernière minute est courant dans les programmes de test. SpaceX le gère depuis des années avec le Falcon 9 : mieux vaut une nuit supplémentaire qu'un problème en vol. La fusée a attendu sur son pas de tir, propergol à bord, sans nécessiter de vidange complète.

Ce que le Vol 12 a Démontré

Les étapes clés validées

  • Décollage du Starship V3 — première fois pour ce modèle
  • Séparation des étages Super Heavy / Starship
  • Déploiement de 20 simulateurs Starlink et 2 microsatellites en vol
  • Rentrée atmosphérique du vaisseau Starship
  • Amerrissage du vaisseau
  • Récupération du booster Super Heavy par Mechazilla
  • Plusieurs anomalies notées en cours de vol, en cours d'analyse

Le déploiement de charges utiles est une première pour un test Starship. Sur les vols précédents, le vaisseau ne transportait rien. Ici, 20 simulateurs de satellites Starlink de nouvelle génération ont été éjectés en orbite basse, ainsi que deux microsatellites. C'est une étape directement liée à l'utilisation commerciale future du lanceur pour la constellation Starlink V2.

Starship V3 vol 12 séparation étages Ship 39 Booster 19 caméra embarquée SpaceX
Une caméra embarquée sur le second étage Ship 39 montre le premier étage Booster 19 (en bas à gauche) juste après la séparation. © Cité de l'espace d'après capture d'écran SpaceX

Pourquoi déployer des simulateurs plutôt que de vrais satellites ?

Les simulateurs Starlink ont la même masse et les mêmes dimensions que les vrais satellites, mais sans électronique ni antennes. Ils permettent de tester la mécanique du déploiement, l'orientation du vaisseau et la précision de l'éjection, sans risquer du matériel coûteux lors d'un vol d'essai. Si quelque chose se passe mal, on perd des blocs de métal, pas des satellites à 500 000 dollars pièce.

Les Anomalies : Succès ne Veut pas Dire Parfait

Numerama note que le vol n'a pas été sans accrocs. Plusieurs anomalies ont été observées en cours de mission, sans que SpaceX n'en ait encore précisé la nature exacte au moment de la publication. C'est la normalité dans un programme de test : chaque vol collecte des données, révèle des points de défaillance, et alimente les corrections pour le vol suivant.

Starship V3 vol 12 Ship 39 explosion amerrissage océan Indien rentrée atmosphérique SpaceX
Au terme de son retour dans l'atmosphère, le Ship 39 a touché les eaux de l'océan Indien, puis a explosé après avoir basculé. Cette explosion n'est pas forcément un signe d'échec : le Ship n'est pas conçu pour un retour dans l'eau. © Cité de l'espace d'après capture d'écran SpaceX

Le titre CNET "Watch SpaceX Starship Flight Test 12 End With a Bang" suggère également que la fin du vol a présenté quelque chose de spectaculaire. Dans le vocabulaire de SpaceX, "rapid unscheduled disassembly" est souvent préféré à "explosion". Quelle que soit la formulation, les données enregistrées pendant ces secondes sont précieuses pour les ingénieurs.

Ce que Cela Change pour Artemis

Le Starship HLS, l'atterrisseur lunaire retenu par la NASA pour le programme Artemis, est une version modifiée de ce même Starship. Chaque vol d'essai du V3 fait avancer la qualification du système pour le vol habité lunaire. Le report d'Artemis III à fin 2027 est directement lié aux retards de qualification du Starship HLS. Un vol 12 concluant, même avec des bémols, réduit l'incertitude.

La suite du programme Starship

SpaceX va analyser les anomalies du vol 12 avant de fixer une date pour le vol 13. L'objectif à court terme reste la démonstration du ravitaillement en carburant en orbite, une étape indispensable pour envoyer le Starship HLS vers la Lune. Sans cette capacité validée, Artemis III ne peut pas avoir lieu. Notre article de fond sur le programme Starship détaille l'ensemble de la feuille de route.


Sources

Julien Mahieux
Julien Mahieux
Fondateur et rédacteur de Conte de l'Espace

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