sls devant la lune

Artemis II : le déroulé de la mission jour par jour

Le 1er avril à 18h24 EDT, Artemis II décolle vers la Lune. Dix jours, six étapes clés : décollage, injection translunaire, survol de la face cachée à 6 500 km, et amerrissage dans le Pacifique. Le déroulé complet de la mission.
29 mars 2026
Artemis II : le déroulé de la mission jour par jour

Le 1er avril 2026 à 18h24 EDT, la fusée SLS décollera de Kennedy Space Center avec quatre astronautes à son bord. Dix jours plus tard, ils amerriront dans le Pacifique. Entre les deux, Artemis II fera voyager des êtres humains vers la Lune pour la première fois depuis 1972. Voici le déroulé complet de la mission, étape par étape.

Artemis II déroulé mission SLS décollage Kennedy Space Center lancement 1er avril 2026
Le Space Launch System (SLS) au décollage lors de la mission Artemis I en novembre 2022. Le même lanceur s'élancera avec quatre astronautes à bord le 1er avril 2026. © NASA/Joel Kowsky

La Mission en Un Coup d'Œil

Une trajectoire pensée pour la sécurité

Artemis II n'est pas une mission d'alunissage. C'est avant tout un vol de validation : la première fois que des humains montent à bord du vaisseau Orion et s'aventurent en espace profond. La trajectoire choisie est dite free-return, ce qui signifie que si une panne survenait après le départ vers la Lune, la gravité lunaire ramènerait naturellement le vaisseau vers la Terre sans manœuvre supplémentaire. En résumé, le voyage se découpe ainsi : décollage depuis la Floride, orbite terrestre courte, injection vers la Lune, survol de la face cachée à environ 6 500 km, retour vers la Terre et amerrissage dans le Pacifique.

Schéma trajectoire mission Artemis II free-return survol Lune décollage amerrissage Pacifique ASC
Trajectoire prévue et étapes de la mission Artemis II. Cliquez pour agrandir. © Agence Spatiale Canadienne (ASC)

Qu'est-ce qu'une trajectoire free-return ?

Une trajectoire free-return est calculée de façon à ce que le vaisseau, après avoir contourné la Lune, revienne automatiquement vers la Terre. En effet, l'effet combiné de la gravité lunaire et de la gravité terrestre suffit à assurer ce retour. Aucun allumage moteur n'est donc nécessaire pour rentrer. C'est ainsi la trajectoire la plus sûre pour un premier vol habité en espace lointain. Par ailleurs, Apollo 8 et Apollo 13 ont toutes deux utilisé ce type de trajectoire, la seconde en faisant de ce profil une bouée de sauvetage après l'explosion d'un réservoir d'oxygène en 1970.

Déroulé Jour par Jour

Du Décollage à l'Approche Lunaire

Jour 1
1er avril 2026 — 18h24 EDT (00h24 CET le 2 avril)
Décollage et mise en orbite terrestre
Le SLS s'élance du pad LC-39B de Kennedy Space Center. Quelques minutes après le décollage, les boosters se séparent, puis le core stage. Ensuite, l'étage supérieur ICPS propulse Orion jusqu'à l'orbite terrestre basse. L'équipage effectue alors une première série de vérifications complètes : support vie, navigation, communications et propulsion. Orion reste ainsi en orbite terrestre environ 24 heures avant de partir vers la Lune.
Orbite terrestre basse
Jour 2
2 avril 2026
Injection translunaire (TLI)
Le moteur principal d'Orion effectue la manœuvre de Trans-Lunar Injection. Cet allumage de quelques minutes suffit à envoyer le vaisseau sur la trajectoire free-return vers la Lune. À partir de ce moment, Orion n'a plus besoin de brûler son moteur pour rentrer sur Terre si tout se passe bien. En effet, la gravité lunaire se chargera de le renvoyer automatiquement. L'équipage entre ainsi dans la longue phase de transit vers notre satellite naturel.
Départ vers la Lune
Jours 3-5
3 au 5 avril 2026
Transit vers la Lune
Le voyage aller vers la Lune dure environ quatre jours. Durant cette phase, l'équipage surveille le comportement du vaisseau et effectue des corrections de trajectoire mineures. En outre, les astronautes testent les systèmes en conditions d'espace profond. C'est en effet la première fois depuis Apollo que des humains traversent les ceintures de Van Allen. Par conséquent, les données de dosimétrie radiative collectées seront précieuses pour les futures missions vers Mars.
Espace profond

De la Lune au Retour sur Terre

Jour 6
6 avril 2026
Survol de la Lune à 6 500 km
Orion passe au plus près de la Lune, à environ 6 500 kilomètres de sa surface, du côté de la face cachée. Ce survol permet de valider les performances du vaisseau dans l'environnement lunaire réel : communications via Deep Space Network, navigation autonome et comportement thermique. Par ailleurs, la Lune agit comme une fronde gravitationnelle pour renvoyer naturellement Orion vers la Terre sur sa trajectoire de retour.
Approche maximale de la Lune
Jours 7-9
7 au 9 avril 2026
Retour vers la Terre
Orion entame son voyage de retour, propulsé par la gravité lunaire. Ces trois jours sont en effet consacrés aux corrections de trajectoire de rentrée et à la préparation du module de service pour la séparation. En parallèle, l'équipage effectue les dernières vérifications des systèmes de parachutes et du bouclier thermique. De leur côté, les équipes de récupération de la NASA et de l'US Navy se positionnent déjà dans le Pacifique.
Transit retour
Jour 10
~11 avril 2026
Rentrée atmosphérique et amerrissage
Le module de service européen (ESA) est séparé d'Orion. La capsule entre seule dans l'atmosphère terrestre à une vitesse de Mach 32, soit environ 40 000 km/h. Le bouclier thermique Avcoat résiste à des températures dépassant 2 700°C. Après le freinage atmosphérique, les parachutes se déploient en séquence : deux drogue chutes puis trois parachutes principaux. Orion amerrit dans l'océan Pacifique. L'équipage est récupéré par les équipes de la NASA et de la marine américaine.
Amerrissage Pacifique

Ce que Valide Artemis II

Six systèmes critiques testés en conditions réelles

Chaque phase de ce vol remplit un objectif de validation précis. En effet, Artemis II est avant tout une mission de test grandeur nature. Ainsi, le décollage et la mise en orbite valident l'intégration SLS-Orion avec équipage pour la première fois. Par ailleurs, le transit et le survol lunaire testent les communications en espace lointain, la navigation autonome et l'exposition aux radiations hors magnétosphère. Enfin, la rentrée atmosphérique à Mach 32 validera le bouclier thermique dans les conditions exactes d'un retour depuis la Lune.

Artemis II déroulé mission Orion Terre Lune transit survol free-return 2026
Vue du vaisseau Orion avec la Terre et la Lune lors d'Artemis I en novembre 2022. Artemis II reproduira ce voyage avec quatre astronautes à bord, sur une trajectoire free-return autour de la face cachée. © NASA TV/AFP

Pourquoi ne pas alunir directement ?

Artemis II ne se pose pas sur la Lune pour une raison simple : il serait imprudent d'alunir sans avoir d'abord validé tous les systèmes avec un équipage en conditions réelles. La NASA procède par étapes méthodiques. Ainsi, Artemis I a validé le matériel sans équipage en 2022. Ensuite, Artemis II valide les systèmes en espace profond avec équipage. Par la suite, Artemis III testera les manœuvres d'amarrage avec l'alunisseur en orbite terrestre basse. Enfin, c'est Artemis IV qui posera les premiers astronautes sur le pôle Sud lunaire en 2028. Chaque mission prépare donc la suivante.


Pour aller plus loin

Julien Mahieux
Julien Mahieux
Fondateur de Conte de l'Espace

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