Le 1er avril 2026 à 18h24 EDT, la fusée SLS décollera de Kennedy Space Center avec quatre astronautes à son bord. Dix jours plus tard, ils amerriront dans le Pacifique. Entre les deux, Artemis II fera voyager des êtres humains vers la Lune pour la première fois depuis 1972. Voici le déroulé complet de la mission, étape par étape.
La Mission en Un Coup d'Œil
Une trajectoire pensée pour la sécurité
Artemis II n'est pas une mission d'alunissage. C'est avant tout un vol de validation : la première fois que des humains montent à bord du vaisseau Orion et s'aventurent en espace profond. La trajectoire choisie est dite free-return, ce qui signifie que si une panne survenait après le départ vers la Lune, la gravité lunaire ramènerait naturellement le vaisseau vers la Terre sans manœuvre supplémentaire. En résumé, le voyage se découpe ainsi : décollage depuis la Floride, orbite terrestre courte, injection vers la Lune, survol de la face cachée à environ 6 500 km, retour vers la Terre et amerrissage dans le Pacifique.
Qu'est-ce qu'une trajectoire free-return ?
Une trajectoire free-return est calculée de façon à ce que le vaisseau, après avoir contourné la Lune, revienne automatiquement vers la Terre. En effet, l'effet combiné de la gravité lunaire et de la gravité terrestre suffit à assurer ce retour. Aucun allumage moteur n'est donc nécessaire pour rentrer. C'est ainsi la trajectoire la plus sûre pour un premier vol habité en espace lointain. Par ailleurs, Apollo 8 et Apollo 13 ont toutes deux utilisé ce type de trajectoire, la seconde en faisant de ce profil une bouée de sauvetage après l'explosion d'un réservoir d'oxygène en 1970.
Déroulé Jour par Jour
Du Décollage à l'Approche Lunaire
De la Lune au Retour sur Terre
Ce que Valide Artemis II
Six systèmes critiques testés en conditions réelles
Chaque phase de ce vol remplit un objectif de validation précis. En effet, Artemis II est avant tout une mission de test grandeur nature. Ainsi, le décollage et la mise en orbite valident l'intégration SLS-Orion avec équipage pour la première fois. Par ailleurs, le transit et le survol lunaire testent les communications en espace lointain, la navigation autonome et l'exposition aux radiations hors magnétosphère. Enfin, la rentrée atmosphérique à Mach 32 validera le bouclier thermique dans les conditions exactes d'un retour depuis la Lune.
Pourquoi ne pas alunir directement ?
Artemis II ne se pose pas sur la Lune pour une raison simple : il serait imprudent d'alunir sans avoir d'abord validé tous les systèmes avec un équipage en conditions réelles. La NASA procède par étapes méthodiques. Ainsi, Artemis I a validé le matériel sans équipage en 2022. Ensuite, Artemis II valide les systèmes en espace profond avec équipage. Par la suite, Artemis III testera les manœuvres d'amarrage avec l'alunisseur en orbite terrestre basse. Enfin, c'est Artemis IV qui posera les premiers astronautes sur le pôle Sud lunaire en 2028. Chaque mission prépare donc la suivante.
Pour aller plus loin
- National Air and Space Museum – What is Artemis II?
- Agence Spatiale Canadienne – The Artemis II mission
- Space.com – NASA's Artemis 2 mission: Everything you need to know
- The Planetary Society – The Artemis II mission: What to expect
- Mashable – Artemis 2 mission timeline: An itinerary for the historic 10-day flight


